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L'étape du tour 2014 Pau Hautacam vue par Gérald

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Une première Etape du Tour, par Gérald De Cosnac


Voilà un peu plus d’un an que je me suis mis sérieusement au cyclisme et que je m’entraîne avec le Team. Je m’étais fixé comme premier objectif de terminer l’Etape du Tour 2014, ce qui à la lecture des forums ne semblait pas gagné : il y est conseillé quelques années de pratique et un peu plus que mes 3.500Km en 2014. Et quand je me suis inscrit en novembre 2013, je n’avais jamais franchi un col de ma vie… Mais aimant bien les défis, rassuré par les week-ends Team à Thiers et à Megève, par le fait que je passais correctement les cols (mis à part l’Arpettaz, mais j’y ai beaucoup appris en gestion de l’effort et alimentation), et par notre Secrétaire Webmaster GO, me voici à Pau le samedi 19 juillet.

Ce samedi n’a pas été de tout repos : 4 heures de route pour arriver à Pau, installation chez l’habitant, village départ avec récupération du dossard, quelques achats, dépose de la voiture au pied d’Hautacam, où je retrouve Jean-Jacques (JJ), retour à Pau, dîner chez des amis puis de nouveau chez l’habitant ou je croise un autre participant que je ne reverrai jamais (dossard dans les 100). Et difficulté à dormir, le stress sans doute.

La première difficulté a été de choisir les équipements à emporter : après plusieurs jours de réflexion où je scrutais la météo, j’opte pour une veste pluie à manches longues et faisant office de coupe-vent, et pour des couvre-chaussures imperméables, le tout rangé dans les poches de mon maillot du Team. En effet, au départ, le temps est agréable : températures douces et vent quasi nul. Je n’ai pas regretté ces choix, tant les conditions ont été difficiles par la suite (d’où l’importance d’avoir des vêtements de qualité). Il me manquait cependant une paire de manchettes qui aurait été bien utile dans la descente du Tourmalet. A l’entrée du SAS 9, je rejoins JJ et Elodie. Nous sommes motivés, souriants et prêts à partir. Philippe et Fabrice sont déjà en route vers les sommets pyrénéens, nous ne les verrons que le soir au restaurant.

La première partie du parcours, jusqu’au pied du Tourmalet, est plaisante : météo agréable, routes en bon état et sécurisées. Environ 85Km pour 1.000m de dénivelé, une sortie du dimanche matin avec le Team en fait ! Les deux côtes de 3ème catégorie offrent des pourcentages assez forts mais ne sont pas très longues. D’autres côtes sont bien présentes et auraient méritées un classement en 4ème catégorie. Je suis surpris par les nombreux spectateurs et encouragements, ces derniers étant toutefois principalement adressés à Elodie ! Je pensais me caler dans un peloton jusqu’à Bagnères-de-Bigorre, mais en fait, sous l’impulsion de JJ qui a beaucoup roulé, nous avons doublé de nombreux participants. Finalement, JJ formait un groupe à lui tout seul et nous nous y accrochions !
C’est à la sortie de Bagnères-de-Bigorre, où une belle fanfare retentissait, que la météo se gâte. Les averses deviennent intenses, les vêtements de pluie sont mis. C’est dans ces conditions que débute l’ascension du Tourmalet… Quand les pourcentages deviennent plus importants, je me cale à un rythme faible (7-8 Km/h) et n’en bouge pas : c’est à ce prix que je verrai le sommet, un sommet qui n’a été visible que 25m avant le souvenir Jacques Goddet ! En effet, à mi-pente, les conditions météo se sont encore dégradées : à une pluie battante est venu s’ajouter un brouillard tenace. La température chutait fortement : 8°C au sommet. 100m avant la Mongie, un bénévole criait « Ravito à 100m sur la gauche ». Je lève la tête, regarde, rien, que du brouillard. Quelques jours après l’épreuve, je ne me souviens plus très bien de cette ascension. Elodie évoluait à un rythme proche du mien, et JJ semblait plus fort, était un peu devant.


La descente via Barrèges et Luz-Saint-Sauveur fut terrible : froid (je n’ai jamais autant pensé à mes manchettes), pluie toujours aussi intense, routes glissantes, brouillard persistant. A Barrèges, je tente d’ouvrir une barre énergétique : impossible, mes doigts sont ankylosés et je n’arrive même pas à déchirer l’emballage en plastique… !
Dans la vallée, la pluie cesse enfin. Je me sens étonnamment bien, du coup je roule un peu, puis JJ prend le relais, jusqu’à Ayros-Arbouix, le pied d’Hautacam. A 37-38Km/h, c’est agréable et efficace.

C’est à cet endroit, au dernier ravito, qu’Elodie nous quitte, vaincue par la pluie et les conditions très difficiles. JJ l’accompagne à la voiture, je l‘attends, mais ne le voyant pas revenir au bout de 15 minutes, je décide d’y aller seul pensant qu’il est passé et que nous nous sommes ratés. Au virage signifiant le début de la dernière ascension, la foule est très nombreuse, les encouragements bien présents, on se croirait presque dans les ultimes lacets d’ Alpe d’Huez d’une étape du Tour ! Galvanisé par cette foule et l’atteinte, que je crois iminente, de mon objectif, j’entame avec enthousiasme la montée vers Hautacam. 
Les pourcentages sont encore acceptables, je peux effectuer quelques changements de rythme et je double de nombreux cylistes. La suite est moins glorieuse, la pente se raidit sévèrement, ne redescendra quasiment plus sous les 8% pendant près de 10Km : comme au Tourmalet, j’active mon limitateur de vitesse à 7-8Km/h et je grimpe, grimpe, puis faiblis lors d’un abrupt kilomètre à près de 12%, j’avale vite fait un ultime coup de fouet, pense à plein de choses, aperçois la flamme rouge, puis la ligne, puis JJ qui m’attend (après finalement m’avoir rejoint au milieu de la montée). Arrivé ! Quelle satisfaction, quelle joie ! Il fait frais et il pleut depuis déjà plusieurs Km, mais c’est pas grave, vraiment pas. Cette montée d’Hautacam est particulèrement exigeante, des pentes à plus de 10% sur plusieurs centaines de mètre dans de nombreuses portions, plusieurs dizaines de cyclistes à pied : plus dur que le Tourmalet à mes yeux.

Quelques chiffres, même si je n’ai jamais pensé à mon temps et à mon classement de la journée :
-          Chronométré en 8H42.
-          8H de selle à mon Garmin.
-          6.286ème / 10.000 partants ; 1.500 abandons ; 13.000 inscrits.
Je retiendrai une belle journée, avec JJ et Elodie pendant la course, puis Fabrice et Philippe le soir, une bonne ambiance entre les cyclistes, une organisation au top, une sécurité vraiment assurée, un parcours mythique : j’ai beaucoup aimé malgré les conditions météo horribles (mais çà laisse des souvenirs). Et finalement, deux jours après, j’avais bien récupéré : donc je recommencerai.

Liens Youtube :
Photos perso et des photographes à disposition.

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