Etre blessé n’est
évidemment jamais agréable mais la blessure étant là, se lamenter n’est
assurément pas la meilleure solution pour en sortir ! Rapidement, il faut
envisager l’avenir, programmer sa guérison, son entraînement, ses compétitions.
De l’importance de se projeter
Dès le diagnostic posé, fixez-vous des objectifs car
ils donneront du sens à votre guérison. Même si la reprise de
votre entraînement n’est pas dans le court terme, déterminez sa date.
Evidemment, les objectifs que vous allez vous fixer doivent être raisonnables
(en termes de performance et de délai) et en tenant compte de la gravité de la
blessure. Par ailleurs, comme un objectif fixé à dans plusieurs mois n’est pas
motivant, jalonnez votre convalescence par des objectifs intermédiaires et
évaluez régulièrement votre démarche en la modifiant si nécessaire.Blessé, comment réagissons-nous ?
- La blessure s’accompagne de
réactions psychoaffectives, caractérisées généralement par le
passage successif par cinq stades (bien qu’il n'y ait pas de profil type de
réaction du sportif blessé, mais une histoire personnelle et un contexte où la
blessure prend une place) :
- Blessé, le cycliste refuse,
dans un premier temps, de voir la réalité en face ; il nie
la blessure (‘‘ce n’est rien, la douleur va vite passer’’) ou il réduit sa
gravité (‘‘après quelques jours, la douleur cessera’’). Puis, après l’acceptation
partielle du diagnostic, le cycliste recherche la solution miracle qui le fera
récupérer le plus rapidement possible.
- La colère et la culpabilité
prennent ensuite le relais : ‘‘Si j’en suis là, c’est bien
de ma faute, je ne peux m’en prendre qu’à moi’’. Certains rejettent même la
faute sur leur entourage (famille, médecin, etc) : ‘’mon entraîneur est
vraiment incompétent. Il n’aurait pas dû me programmer cette séance’’.
- Le
cycliste blessé tente ensuite de négocier son retour à l’entraînement avec le
corps médical : ‘’Je vous promets que je fais attention si je vais
courir’’ ou ‘’est-ce que je ne pourrais pas reprendre quelques jours plus
tôt ? Je vous le promets, je serais extrêmement prudent’’.
- En
prenant conscience de la réalité de la situation, le
cycliste entre alors dans une période d’angoisse, voire de dépression ; il
a l’impression de ne plus maîtriser ce corps qu’il tente habituellement de
contrôler, il perd confiance en lui, il s’isole, le doute apparaît.
- Le
cycliste accepte enfin de voir la réalité en face ;
il accepte sa blessure, le diagnostic et le délai de guérison. Celle-ci peut
alors réellement débuter.
Prendre rapidement les bonnes décisions lorsqu'on est blessé !
·
Ne
minimisez aucune douleur. Au
quotidien, vous ressentez des douleurs ici ou là, certaines étant normales,
d’autres, à l’inverse, mettent à mal l’intégrité de l’organisme.
·
Agissez
vite et bien !
Etablissez un diagnostic et acceptez-le. Le nier ne ferait que retarder la
guérison donc votre retour à l’entraînement.
·
Recherchez
les causes. Pour éviter de voir réapparaître la
blessure, déterminez clairement son origine. Il n'y a pas de réponse toute
faite au pourquoi d'une blessure. Elle n’est jamais anodine : la blessure est
la conséquence d’erreurs par excès (monotonie de l’entraînement,
alimentation déséquilibrée, etc) et/ou par manque (déficits nutritionnels,
dette de sommeil...).
·
Acceptez
son origine. La blessure doit être prise en
compte en-dehors de tout contexte de culpabilité : vous ne pouvez tout
contrôler.
·
Respectez
les consignes du corps médical et de votre entraîneur. Respectez le rythme naturel de guérison de votre
organisme et ne reprenez pas trop tôt l’entraînement.
·
Positivez. La situation est ce qu’elle est. Vous morfondre n’est
assurément pas la bonne stratégie pour guérir rapidement et sûrement. Parlez,
riez, gardez un discours (intérieur et avec vos interlocuteurs) positif. Quelle
que soit la blessure (sa nature et son origine), tirez du positif de cette
expérience car il y en a toujours, oui, toujours.
L’organisme progresse...et régresse !
Suite à un entraînement de plusieurs semaines, l’organisme
progresse grâce à des adaptations fonctionnelles et structurales. Par exemple,
la répétition d’efforts longs améliorent la capacité oxydative des muscles par
l’augmentation de la densité des enzymes, du nombre de capillaires et des
mitochondries. Mais ces adaptations, si les contraintes ne sont pas
suffisamment intenses, sont réversibles. L’ampleur de cette régression
dépendant de la durée de l’absence de contrainte.
La reprise
La gestion d’une blessure est délicate mais la reprise de l’entraînement l’est tout autant ! Le dilemme est double : retrouver une bonne condition physique sans risquer la rechute. Dans ce contexte, laissez-vous du temps pour retrouver la forme d’antan, avec des objectifs modérés et loin placés. La reprise de l’entraînement doit donc être progressive, tant en volume qu’en intensité. Les contraintes inhabituelles devant également être évitées.
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